Le rameur-type
Bonjour,
I'm the king of Bongo Bong …
Oui, je suis le rameur-type.
Bien sûr, je suis arrivé à l'aviron en me disant qu'on allait voir ce qu'on allait voir, les anciens rameurs allaient vite comprendre de quel bois je me chauffe, j'allais leur montrer que mes beaux muscles et barres de chocolat valent bien les leurs ...
… puis la dure réalité de ce sport m'est apparue dès la première sortie d'initiation.
Engueulé par un moniteur qui aurait pu jouer le sergent-instructeur de Full Metal Jacket, à la voix de stentor répercutée le long des berges et faisant profiter toute la ville de ses engueulades et mots peu respectueux sur ma façon de garder mon équilibre, de ramer "ensemble, nom de …", j'ai vite déchanté !
Bon, il paraît que les temps changent. Que les initiateurs maintenant sont plutôt du style "bonjour, s'il-vous-plaît, après vous, merci ...". Ah non, pas d'accord ! Pourquoi eux et pas moi ? Et le bizutage, alors ? Moi je me réjouissais d'être initiateur à mon tour, et de leur en faire voir, à ces grblgrr de nouveaux ...
Ok, retour à mon petit cas. À force de concentration, efforts, sueur sang et eau, j'ai appris que le sport d'aviron, fait selon mon idée pour les gros bras, bûcherons et autres grosses brutes, était en réalité un mélange subtil de finesse, décontraction, force explosive, glisse et équilibre.
Le bûcheron s'est progressivement transformé en danseuse. A l'entraînement, j'oublie tout, tant la concentration et le plaisir occupent tous mes petits neurones.
Au début, loin de moi l'idée de la compétition, faite pour ces tarés, assoiffés de gloriole et gonflés à l'EPO. Eh oui, encore une reconversion ! M'améliorant, prenant plaisir à forcer sur la pelle quand un bateau me remontait, encouragé par mes progrès et de plus en plus à l'aise sur ces foutus bateaux instables, j'ai tout naturellement envisagé de me lancer en bateau d'équipe dans une des petites régates locales organisées par les clubs liégeois.
Est-ce que j'ose le dire ? J'ai surtout été séduit par l'après-course, rendez-vous sympathique et arrosé de toute une bande de fous consultant compulsivement un tableau des résultats, se promettant de faire mieux la prochaine fois … ce que je fis.
Bon, j'arrête, je vais ramer.
… I'm the king of Bongo Bong …



